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COMPTE RENDU DIAGONALE BREST PERPIGNAN

14 septembre 2017 - 21:29

COMPTE RENDU DIAGONALE BREST PERPIGNAN

DU 02 AOUT 2017 AU 05 AOUT 2017

 

Ma diagonale à réellement commencé le 01 août lorsque j’ai pris le train pour Brest car c’est déjà une belle aventure de traverser la France d’est en ouest comme inversement d’ailleurs.

Un premier train pour me rendre à Lyon puis correspondance pour Rennes et enfin dernière ligne droite vers Brest ou Nicolas un ami cyclo m’attend pour m’accompagner jusqu’à mon hôtel et me montrer mon départ du lendemain. Je commence donc par passer par l’hôtel pour laisser mes quelques affaires. Là je suis accueilli d’une façon très agréable, la propriétaire me disant textuellement « vous auriez dû me dire que vous faisiez une diago je vous aurez bichonné en vous préparant un plateau repas pour demain matin et je vous aurais installé au premier étage pour que vous ayez moins à porter votre vélo ». Donc je ne peux pas faire autrement que de donner son nom l’hôtel KELIG. Bon la reconnaissance faite les aurevoirs avec Nicolas fait je cherche un resto pour ce qui sera un dernier repas chaud avant quelques jours. Je n’ose le dire mais les Bretons sont des poules mouillées, il pleut toujours et à 21h les restos ne vous reçoivent plus, seul une brasserie a accepté de me faire manger. Donc ils se couchent comme les poules et ils sont mouillés se sont des poules mouillées (spéciale dédicace à Nicolas que j’ai rencontré ce jour-là et qui sera mon coéquipier 3 semaines plus tard aux 24h du Mans Vélo, la vie peu nous réserver de très belles surprises au travers de belles rencontres).

Mercredi 2 aout : 5h le réveil sonne, tout est prêt la charmante propriétaire m’a préparé et offert un plateau repas malgré que je ne l’aie pas prévenu à l’avance. 5h50 je quitte l’hôtel direction le commissariat qui se trouve seulement à 300m. Le préposé semble aguerri à l’opération de pointage du carnet de route. Je pars donc sur l’itinéraire indiqué par mon collègue la veille et comme prévu il pleut à seaux. Alors que je commence à remonter l’avenue principale ma roue arrière glisse sur une petite bordure et je me retrouve à l’équerre mais fort heureusement ne chute pas. Pour le moment plus de peur que de mal … pour le moment. En effet je fini la traversée de Brest et rentre dans Guipavas m’arrête à un feu tricolore et au moment de redémarrer ma chambre à air arrière explose. Comme il pleut très fort je cherche un endroit où me mettre un peu à l’abri et je change ma chambre ce qui n’est pas aisé avec ma lourde sacoche arrière et les gardes boue. Bon la réparation faite je reprends ma route sans avoir compris l’origine de cette explosion de chambre. Ce petit arrêt à contribué à ce qu’une partie de mes affaires soient détrempées. Je parcours à nouveau 3 kms et là nouvelle explosion, je me dis que j’ai dû pincer en remontant et change à nouveau la chambre, peine perdue le changement fait alors que je suis en train de ranger mon matériel la chambre explose à nouveau. Déjà 3 chambres c’est beaucoup trop alors que je n’ai fait que 6kms. En re-démontant je comprends enfin l’origine du problème, ma glissade dans Brest a détruit l’armature du pneu et comme un imbécile j’ai cru bon de ne pas prendre un pneu de rechange puisque celui-ci était neuf. Là il faut trouver une solution ou abandonner ce que je ne peux pas concevoir après seulement 6km. Lors de mon court périple depuis le départ je me rappelle que 4 km avant  j’ai pu apercevoir un magasin Décathlon sur le bord de la route je décide donc de m’y rendre mais problème il n’est que 7h00 et le magasin n’ouvre qu’à 9h. Aller je décide de monter ma dernière chambre donc la 3ème de rechange et de sous gonfler dans l’espoir que cela tienne jusqu’au magasin mais cela ne me permettra que de faire 500m, le magasin est à 3.5 kms. Bon un peu de marche cela va peut-être me permettre de relativiser tout ça et cette saleté de pluie qui continue de tomber et pas une bruine provençale mais une bonne pluie bretonne. Me voilà à 8h30 devant les portes closes du magasin, las et détrempé, comme un chien battu voir plus encore puisque le directeur m’apercevant vient m’ouvrir et me demander ce qu’il m’arrive. Je lui explique donc mes mésaventures et mon périple prévu ce qui sans aucun doute l’émeut. Me voici pris en main, pneu changé chambres à air et cartouches d’air de rechanges en poche je peux repartir et le tout sans rien débourser, mille mercis Décathlon Guipavas. Je repars donc vers Sizun mon premier lieu de pointage que j’aurais dû atteindre à 7h55 et il est déjà 8h45 et il pleut toujours autant et le vent souffle très fort et bien sûr de face mais le moral est bon j’ai 4 jours pour rattraper tout cela et je sais que ce soir je n’ai pas de délai pour arriver à mon hôtel. En passant à Sizun je reconnais ce lieu de passage de Paris Brest Paris alors que je n’ai pas reconnu la route jusque-là surement un peu de stress lié à mon retard. Prochain pointage Josselin en passant par Gourin où je commets une erreur de parcours en fait j’arrive dans un angle décrit par la D1 et aidé par une déviation je prends la mauvaise branche pour filer à contre sens, résultat 20 kms de plus soit environ une 1 heure de plus de perdu j’ai maintenant presque 4 heures de retard ça ne s’arrange pas. J’arrive finalement à Josselin avec 3h10 de retard où je pointe rapidement dans un bar où les patrons m’indiquent une voie cyclable qui longe le canal de Brest à Nantes et qui me permet de rejoindre Malestroit sans me rallonger et sans aucune bosse dans un cadre bucolique sur un revêtement excellent. Cette option me permet de récupérer un peu sur mon retard sans pour autant combler beaucoup. J’arrive au bout de ma première étape à 2h15 soit 4h après l’heure prévue et sans batterie sur mon téléphone ce qui va compliquer la tâche pour trouver mon hôtel mais coup de chance il arrive une voiture de la police municipale qui me propose de m’y conduire. Je dois être bien fatigué car après avoir récupéré ma clé sur le comptoir de la réception, ouverte contrairement à mon précédent périple, je monte à l’étage et me trompe de chambre et réveille mon voisin de chambre le pauvre.  Aller dodo réveil réglé sur 5h30 pour un départ à 6h30 soit 1h30 après l’horaire prévu.

Jeudi 3 aout : 6h30 en route vers le pont de st Nazaire que j’appréhende un peu compte tenu du vent qui souffle moins fort que la veille mais toujours pas favorable mais finalement c’est plus impressionnant que terrible. Si le début du parcours se passe très bien surtout sans pluie et une navigation simple les choses vont se gâter à partir de Marchecoul St Même non pas que la route soit accidentée ou que les éléments se déchainent mais parce que je n’ai pas choisi la route idéale. En effet je respecte à la lettre mon parcours mais je suis donc un route 2 fois 2 voies pendant plus de 60 kms. Si elle n’est pas interdite aux vélos la circulation y est intense et cela devient vite pénible. Toutefois le profil relativement favorable et la nécessité d’en finir vite de ce moment  désagréable font  que je repars de Surgères avec seulement 35mn de retard j’ai donc rattrapé plus d’une heure depuis mon départ. Malgré ce bon début je ne dois pas baisser ma garde car ce soir  je dois absolument arriver à la chambre d’hôte avant 22h à Barbezieux. Je n’ai  donc pas le droit de me tromper sur le parcours alors que la chaleur de la journée commence à puiser dans mes réserves et le parcours devient de plus en cassant alternant montées et descentes sans un mètre de plat sans pour autant  m’imposer des pourcentages importants. Ce profil fait que je ne parviens plus à reprendre du temps et je vois bien que je ne pourrais pas arriver à ma chambre d’hôte à l’heure limite de 22h déjà âprement négociée. Je décide donc d’appeler mes hôtes qui m’octroient un délai supplémentaire d’une demi-heure. Le contournement de St Jean d’Angely a bien failli m’être fatal. Juste pour suivre les indications de la direction de Cognac je parcours 6kms pour finalement passer à 100 m de mon premier passage. 6 kms c’est rien mais quand on est ric rac dans le temps cela fait vite monter le stress. Un rapide calcul me fait comprendre que je vais devoir tenir une moyenne de 28km/h pour ne pas dormir sous un pont ou dans un abri bus. Pour qui connait Cognac il est évident que le terrain ne va pas être plat mais je n’ai pas le choix, heureusement la nuit est là et la chaleur a disparue avec son arrivée. Finalement j’atteints mon objectif avec seulement 5 mn de retard et reçois un accueil des plus chaleureux contrairement à ce que je pouvais craindre compte tenu des communications téléphoniques échangées avec mes hôtes. On me propose un digestif à consommer avec modération que je décline avec précaution et j’obtiens en échange une bouteille d’eau gazeuse bien plus salvatrice. Une douche un sandwich plus tard je me couche en décidant de m’offrir le sommeil initialement prévu car la journée de demain devrait être dure par le dénivelé prévu et la chaleur à nouveau annoncée.

 

Vendredi 4 aout : 6h37 précise je prends le départ direction Lavaur dans la banlieue Toulousaine. Je sais que la journée va être dure, la fatigue s’accumule jusque-là seulement 8h de sommeil depuis le départ mais aussi la chaleur annoncée et quelques forts poucentages. Je dois pointer pour la première fois de la journée à Bergerac vers 11h et malgré mes efforts je ne parviens pas à rattraper mon retard du départ soit 1h30. Alors qu’il fait chaud il est impossible de trouver la moindre fontaine. Il est vrai que je suis habitué à notre chère Provence où il n’existe pas de village sans une voire deux fontaines. Bon mal gré bon gré je parviens à Bergerac non pas avec mon retard initial d’une 1h30 mais  2h. Malgré cela je décide de respecter mon temps d’arrêt prévu d’une demi-heure je suis las. Je repends la route à 14h vers Villeréal où une surprise m’attend. Là la famille Vendelli m’attend avec une banderole d’encouragement et je vais bien en avoir besoin car à partir de là les choses vont devenir très compliqués jusqu’à Montauban. Les côtes s’enchainent et les pourcentages sont de plus en plus élevés à moins que mes forces soient de moins en moins grandes. Malheureusement depuis 2 jours je n’ai plus de compteur donc seules mes jambes me donnent des indications. Pour couronner le tout je crève en pleine côte. Juste la 5ème depuis le départ. Sachant que la journée du lendemain va être plus tranquille je décide de le prendre cool et de ne pas me préoccuper de mon heure d’arrivée. Heureusement une fois passé le talus de Lauzerte, que j’aurais pu éviter, c’est du style je monte la garde Adhémar en 2 fois plus dur au lieu de filer tout droit, un dernier bon coup de cul et je glisse vers La Francaise et la route devient plus plate. Il fait moins chaud je fonce vers Montauban pour pointer sur la magnifique et très animée  place nationale. La nuit est là depuis pas mal de temps et je sais que je vais arriver avec beaucoup de retard mais peu importe on verra ça demain. Je pars donc vers Lavaur il me reste seulement 57 kms mais la navigation est très compliquée du fait d’indications obtenues auprès d’autochtones quelque fois contradictoires. Je vais regretter de mettre engagé sur une voie verte semée d’obstacles pour éviter les autres usagés et avertir des routes croisées. Seulement de nuit il est parfois très difficile de les appréhender.  Arrivée à Lavaur à 1h50 il ne me reste qu’une étape de 222 kms et le vent devrait être favorable. Je décide de m’offrir un bonne nuit de sommeil à savoir au moins 3.5h « un truc de fou « et donc de repartir à 7h au lieu des 6h prévu de tout façon j’ai 4h de marge à l’arrivée je vais jouer avec  ça.

 

Samedi 5 août : 7h dernier jour. La journée s’annonce belle peu de kms peu de dénivelé malgré un col à passer dans les Pyrénées et surtout un vent favorable. Je pars de Lavaur et commence mon parcours par des collines dignes de la Toscane et cela jusqu’à Limoux ou je dois pointer. Si la température augmente petit à petit elle reste très agréable. J’arrive très vite à Limoux premier lieu de pointage de la journée où je ne vais pas succomber à la tradition locale soit la petite flûte de blanquette. Je pointe et ayant déjà rattrapé mon retard du départ je décide de m’octroyer une bonne pause. Je reprends la route pour ma dernière étape et emprunte le très beau défilé qui me mène jusqu’à Axat en remontant la rivière Aude avant de grimper le col du Campérié qui sera le sommet de ma diagonale mais qui se gravi très facilement car finalement je monte doucement depuis Limoux. En plus j’ai pu gravir les derniers kilomètres plus pentus sous quelques nuages venus m’apporter une ombre bien agréable puis plus loin une très légère pluie rafraichissante. Je considère ces quelques goûtes  comme un petit clin d’œil aux averses diluviennes de mon départ ce qui me fait sourire. Mon dernier pointage, l’envoi de la carte postale d’arrivée va se faire à St Paul de Fenouillet soit 48 kms avant l’arrivée. Alors que j’avais prévu de rentrer par la D117 fort de ma mauvaise expérience de la deuxième journée, les routes à forte circulation, je décide de préférer la route du col de la Dona au départ du village d’Estagel, route que m’avait conseillé Jean Luc du club. Il ne me reste qu’à franchir le sommet et de traverser la plaine en direction de Perpignan où je vais pointer au commissariat.

Malgré tous mes doutes liés à mes problèmes mécaniques de départ d’une météo exécrable pluie vent chaleur je viens de finir ma deuxième diagonale dans les délais et sans casse physique. 1265 kms et 9000m de dénivelé et le tout dans les delais soit moins de 89 h mais le règlement m interdit de vous dire mon temps.

Merci aux créateurs de ce brevet.

Merci à tous ceux qui m’ont soutenu.

Christophe GARAIX un cyclotouriste toujours très heureux

 

Commentaires

Staff
CHRISTOPHE GARAIX
CHRISTOPHE GARAIX 15 septembre 2017 20:51

Dommage j aurai aimé partager ce genre d aventure avec toi ...

Staff
Jean Marc Bonnafoux
Jean Marc Bonnafoux 15 septembre 2017 08:25
Cyclotouriste

Encore un grand plaisir a te lire......C'est pas pour autant que demain je part avec toi !! je suis pas encore jobard ☺☺☺